Côte d’Ivoire : Un défi majeur pour Abidjan face aux importations alimentaires

La Côte d’Ivoire à contre-courant 610 milliards de FCFA (1,6 millions de tonnes de riz, et 518 milliards de FCFA (779 millions d’euros) pour 732 000 tonnes de poissons. Sans compter les autres produits alimentaires.  Cette dépendance massive aux produits étrangers met en lumière un problème structurel souvent pointé du doigt : “Les pays africains consomment ce qu’ils ne produisent pas et produisent ce qu’ils ne consomment pas.” Face à ce défi, les autorités ivoiriennes multiplient les initiatives pour renforcer la production locale, stimulant l’autosuffisance alimentaire durable nécessaire

Un partenariat stratégique pour une production locale renforcée

Dans cette optique, un partenariat ambitieux a été signé entre Mansa Bank et l’Abidjan Legacy Program, une initiative qui vise à réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires. Son objectif est de promouvoir la production locale des denrées consommées par les ménages ivoiriens, notamment l’agriculture vivrière, les ressources animales et halieutiques. Ce n’est ni le cacao, ni le café qui sont au menu du déjeuner ou du dîner des Ivoiriens. Les filières du cacao, du karité et du karapa font également partie de ce partenariat. Le contraire aurait été surprenant car, après tout, le cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, est non seulement crucial pour l’économie rurale, mais elle constitue un pilier de l’économie nationale.

Le riz et le poisson : les principaux postes d’importation

Les importations alimentaires (riz, poisson, viande, lait, fruits, légumes et sucre) ont atteint près de 2.000 milliards de FCFA, dont 513 milliards pour le riz et 440 milliards pour le poisson, les deux plus gros postes à l’import du pays. Pourtant, seuls 10 à 15 % de ces produits sont produits localement, ce qui expose le pays à une vulnérabilité croissante face aux fluctuations des prix agricoles au niveau mondial et aux crises géopolitiques. « Il est temps de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons», a martelé le Directeur général de Mansa Bank, El-Hassana Kaba.

Vers une indépendance alimentaire durable ?

Grâce à ces initiatives, la Côte d’Ivoire ambitionne de réduire progressivement sa dépendance aux importations alimentaires. Toutefois une modernisation des infrastructures agricoles, une meilleure organisation des filières locales et un accompagnement financier et technique accumulé

En s’engageant à financer les acteurs de la chaîne de valeur agricole, Mansa Bank espère « relancer la production locale et accélérer la création de richesse pour les populations rurales avec des retours sur investissement attractifs. » Dans la pisciculture, par exemple, un investissement initial peut être récupéré en un an et demi, relève le Directeur de Abidjan Legacy Program, Abou Bamba. « Nous ouvrons une nouvelle page du financement des activités agricoles, piscicoles et rurales dans notre pays », déclare-t-il.

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